Écrire pour être lu : les lois du lecteur pressé
Écrire pour être lu : les lois du lecteur pressé
Leçon 1 sur 3 · Texte · environ 1 min de lecture
Tout l’écrit professionnel repose sur une vérité que l’école n’enseigne pas : votre lecteur est pressé, il lit en diagonale, et il décide en quelques secondes s’il vous lira vraiment : écrire professionnellement, c’est écrire pour ce lecteur-là : pas pour un correcteur de dissertation. Trois lois en découlent, et elles inversent souvent les habitudes scolaires. La loi de l’essentiel d’abord : la conclusion en tête, les détails ensuite : le professionnel annonce sa demande ou son information dès les premières lignes, puis justifie : l’inverse de la dissertation qui garde sa conclusion pour la fin : car le lecteur pressé qui ne trouve pas l’essentiel en dix secondes décroche, et votre demande meurt en pièce jointe. La loi de la phrase courte : une idée par phrase, quinze à vingt mots en objectif : la phrase longue n’est pas un signe d’intelligence : c’est un risque de malentendu : et le style simple n’est pas un style pauvre : c’est le style des gens sûrs de ce qu’ils disent. Et la loi de la structure visible : des paragraphes courts, des listes dès qu’il y a plus de deux éléments, des titres dans les documents longs : le lecteur doit pouvoir comprendre l’architecture de votre écrit sans le lire : c’est ce qu’il fait de toute façon : autant que ça joue pour vous.